Quand le regard se prend au jeu

Photo de l'exposition - - Echo de Brou
Lors du vide-ateliers, elles étaient déjà côte à côte. En août, Martine Saint-Arroman et Geneviève Compain se retrouvent à la chapelle Saint-Marc pour l'exposition " Contrastes ", à l'invitation de LECAP.
Près d'une cinquantaine d'œuvres, entre tableaux, sculptures et masques, ont pris place dans la chapelle. Les deux artistes se connaissent bien et partagent le même atelier, comme Geneviève Compain, dite Geny, nous l'avait confié lors du vide-ateliers. Pourtant, leurs créations ne se ressemblent guère. " Contrastes " porte donc plutôt bien son nom, et la visite permet de passer d'un univers à l'autre sans jamais les regarder de la même manière.
Des formes à interpréter
Martine Saint-Arroman travaille le collage depuis plus de trente ans. Déchirures, découpes, superpositions, traces écrites ou photographiques et textures nourrissent ses compositions. Depuis 2012, la couleur y a pris davantage de place, avec des formes géométriques et des espaces volontairement laissés vides.
Face à ses tableaux, même avec un regard de profane, on se prend rapidement au jeu. On cherche ce que peuvent évoquer les formes et les assemblages, on suit une ligne, une couleur, puis un détail en amène un autre. Il n'est pas forcément question de tout comprendre : chacun peut simplement laisser son regard circuler et se faire sa propre histoire.
Des objets détournés
Chez Geny, la découverte est différente. Formée à la sculpture et au moulage sur bronze, elle s'est progressivement tournée vers d'autres matériaux et vers l'assemblage. Des objets qui ont perdu leur fonction première deviennent ainsi des personnages, des animaux ou des créatures pleines de fantaisie.
Ici, la curiosité prend vite le dessus. Après avoir regardé une sculpture dans son ensemble, on s'approche presque instinctivement pour découvrir avec amusement ce qui la compose. Reconnaître un objet familier là où l'on voyait quelques secondes plus tôt une tête, un corps ou un drôle de personnage fait partie du plaisir. On finit même par observer les œuvres comme un petit jeu de piste.
Les deux artistes partagent donc un atelier, mais certainement pas la même façon de créer. C'est justement ce décalage qui fonctionne dans la chapelle : chez l'une, on s'interroge sur les formes ; chez l'autre, on s'amuse à découvrir ce qui se cache derrière.
Les œuvres sont également proposées à la vente, dans une gamme de prix assez accessible : de 80 à 350 euros pour Martine Saint-Arroman et de 120 à 350 euros pour Geny.
Informations pratiques
" Contrastes ", visible jusqu'au 31 août à la chapelle Saint-Marc de Brou.
Tél. 02 37 45 22 46.





