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Sortie de crise

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La crise que traverse notre pays conduit à des constats largement partagés. Les violences insupportables qui ont accompagné les manifestations, surtout le 17 octobre, ont suscité une émotion qui profitera politiquement au RN et à LFI. Emmanuel Macron, en fin de mandat, fait une excellente tête de Turc. Son gouvernement n'a pas vu venir l'orage […]

La crise que traverse notre pays conduit à des constats largement partagés. Les violences insupportables qui ont accompagné les manifestations, surtout le 17 octobre, ont suscité une émotion qui profitera politiquement au RN et à LFI. Emmanuel Macron, en fin de mandat, fait une excellente tête de Turc. Son gouvernement n'a pas vu venir l'orage lycéen, il a réagi maladroitement, a gravement échoué sur la sécurisation des défilés du 17 octobre et tarde à trouver des réponses convaincantes aux revendications, faute d'argent. Dans six mois, notre actuel président ne sera plus là, on ne peut donc s'en tenir à la seule critique. A l'évidence, les jeunes éprouvent de vraies inquiétudes sur leur avenir. Avec le sentiment d'être une génération sacrifiée - en particulier celle du Covid -, peinant à trouver sa place dans la société, à l'image d'un accès aléatoire à l'université, menacée par le surgissement de l'IA, frappée par la dégradation de la planète, ils expriment un désarroi qui ne s'adresse pas qu'au pouvoir en place. Au même moment, la hausse des prix du pétrole et du gaz s'est traduite dans ceux des produits de première nécessité (transport, chauffage) et la sécheresse n'a rien arrangé (alimentation). Des problèmes non résolus de longue date - logement, accès aux soins, éloignement des services publics - ont donc resurgi et alimenté une mobilisation contre la vie chère. Et puis, la société française ne fonctionne plus "comme avant". Avant l'accélération phénoménale des technologies digitales, avant la surchauffe de tout par les réseaux sociaux, avant l'hyper individualisation à laquelle ils engagent, avant la mondialisation de l'économie sans la régulation qu'elle appellerait car les très grandes puissances n'en veulent pas. Et tout cela fait douter de la démocratie représentative et du pouvoir qui en résulte. Pour retisser le fameux lien de confiance, il faut évidemment garantir la paix civile pour que l'agression laisse la place au débat dans une campagne électorale ; il faut aussi faire appel aux syndicats et à toute forme de contribution de la société civile, afin de ne pas limiter son rôle au dépôt d'un bulletin de vote ; il faut enfin que soit voté un budget pour ne pas paralyser à l'avance l'action publique. Sortir d'une crise, c'est sortir de l'émotion et privilégier la raison.

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