Brou : Des plaintes classées sans suite

Les gérants du Comptoir, du tabac des changes et de la boucherie des halles.
C'est avec désarroi que les victimes ont accueilli la décision du parquet. Malgré la présence de caméras de vidéosurveillance, aucune image ne montre les auteurs d'inscriptions et de dégradations homophobes à l'encontre de deux commerçants broutains, l'été dernier. Les enregistrements, qui permettent seulement d'apercevoir des personnes à proximité des lieux, n'ont donc pas apporté de preuves suffisantes pour établir les responsabilités.
Incompréhension
Au-delà de la violence des inscriptions homophobes, les victimes doivent également supporter les conséquences financières des dégradations. Si les assurances couvrent une partie des réparations, les franchises restent à leur charge. L'un des commerçants évoque environ 700 € à débourser, sans compter une éventuelle augmentation de ses cotisations.
La situation est d'autant plus incompréhensible pour ces professionnels attachés à Brou. Nicolas Biard, qui y a grandi et y exerce son activité, affirme n'avoir jamais été confronté auparavant à de tels actes homophobes dans la commune. Les commerçants évoquent un accueil chaleureux des habitants et peinent à comprendre les raisons de ces dégradations.
Les commerçants rapportent également avoir entendu, avant les faits, des propos ouvertement homophobes à proximité de leurs établissements. Certaines expressions auraient ensuite été retrouvées sur les façades, sans qu'il soit possible d'établir un lien avec les auteurs des dégradations.
Malgré leur déception, les victimes tiennent à saluer l'écoute et l'implication des gendarmes, dont elles soulignent le manque de moyens. Elles espèrent désormais retrouver la tranquillité et pouvoir exercer leur métier sereinement.

Actions
Face aux incivilités estivales, le maire et plusieurs élus ont effectué des rondes en soirée dans le centre-ville et rencontré des jeunes. Selon les commerçants, ces interventions, associées à celles des gendarmes, ont contribué au retour au calme. La municipalité poursuit également le renforcement de la vidéoprotection, avec de nouvelles caméras dont l'inauguration est annoncée pour le 3 novembre.
Ce que dit la loi
Selon l'article 322-1 du Code pénal, dégrader le bien d'autrui est passible de 2 ans de prison et de 30 000 € d'amende, sauf dommage léger. Les tags causant un dommage léger sont punis de 3 750 € d'amende et d'un travail d'intérêt général. Un mobile homophobe peut constituer une circonstance aggravante.





